DCA sur le bitcoin : ce que sept ans de données montrent
Le DCA consiste à acheter pour le même montant à intervalle régulier, quel que soit le prix. La méthode est simple à appliquer ; ses résultats le sont moins à anticiper. Ce guide reprend des données de cours réelles du bitcoin depuis 2017 pour répondre à quatre questions : ce qu’un DCA a donné, s’il fait mieux qu’un achat en une fois, ce que vaut un DCA commencé au pire moment, et ce que devient le prix de revient.
Ce qu’a donné un DCA de 100 $ par semaine depuis 2019
Prenons un achat de 100 $ de bitcoin tous les 7 jours, au cours de clôture, à partir du 1er janvier 2019. Au 7 octobre 2026, cela fait 406 achats et 40 600 $ versés. Les bitcoins accumulés valent alors 172 281 $.
Le chemin n’a pas été régulier. Le 12 mars 2020, après quatorze mois d’achats, les 6 300 $ versés ne valaient plus que 4 599 $ : −27 %. Un investisseur qui aurait arrêté ce jour-là aurait enregistré une perte. Celui qui a continué a acheté au plus bas de la période.

DCA ou achat en une fois : lequel l’emporte ?
La question revient souvent. Pour y répondre, comparons deux façons de placer 12 000 $ : tout le premier jour, ou 1 000 $ par mois pendant douze mois. On mesure le résultat de chacune deux ans après le départ, pour chaque mois de départ possible entre septembre 2017 et octobre 2024, soit 86 cas.
L’achat en une fois l’emporte dans 63 % des cas. C’est attendu sur un actif qui a beaucoup monté : l’argent investi plus tôt profite plus longtemps de la hausse. Mais l’écart change de sens selon le moment. Pour un départ en mars 2021, l’achat en une fois perd 52 % en deux ans, le DCA 49 %. Pour un départ en janvier 2021, c’est le DCA qui perd le plus (−62 % contre −43 %), parce qu’il a continué d’acheter pendant la montée vers le sommet de novembre.
Sur l’ensemble des départs, l’une et l’autre méthode finissent en perte après deux ans dans environ un cas sur quatre. Le DCA ne supprime pas le risque de marché. Il répartit le moment d’entrée et rend la décision supportable : on n’a pas à choisir un jour.

Commencer au pire moment
Le scénario le plus redouté est de commencer juste avant une longue baisse. Le 8 novembre 2021, le bitcoin clôture à son plus haut du cycle, 67 526 $. Un DCA de 100 $ par semaine commencé ce jour-là a traversé toute la baisse de 2022.
Le 18 juin 2022, ce portefeuille valait 53 % de moins que le capital versé. Il n’est repassé au-dessus que le 17 mars 2023, et il est resté en perte 498 jours au total. Au 7 octobre 2026, les 25 700 $ versés valent 50 229 $.
C’est le point qui demande le plus de préparation : un DCA bien choisi peut passer un an et demi sous l’eau. Si vous ne savez pas à l’avance ce que vous ferez pendant cette période, la stratégie risque de s’arrêter au plus mauvais moment.

Le prix de revient moyen
Chaque achat se fait à un prix différent. Le prix de revient moyen est le capital versé divisé par le nombre de bitcoins accumulés. Avec un montant fixe, on achète plus d’unités quand le prix est bas, ce qui tire ce prix de revient vers le bas.
Pour le DCA commencé en janvier 2019, le prix de revient est de 19 636 $ au 7 octobre 2026, pour un cours de 83 322 $. Le cours n’est passé sous ce prix de revient que 54 jours, la dernière fois le 31 mars 2020. Plus le DCA dure, plus son prix de revient bouge lentement : chaque nouvel achat pèse moins dans la moyenne.

Trois erreurs qui annulent l’intérêt d’un DCA
La première est d’interrompre les achats pendant une baisse. C’est pendant une baisse que le montant fixe achète le plus d’unités et que le prix de revient descend le plus vite.
La deuxième est d’augmenter le montant après une forte hausse, quand la confiance est au plus haut. Le DCA se transforme alors en achat concentré près des sommets. Si le montant doit changer, que ce soit selon une règle écrite, par exemple une révision une fois par an.
La troisième est d’oublier les frais. Sur un achat de 25 $, un minimum de frais de 1 $ coûte 4 % à chaque fois. Un achat mensuel plus gros revient souvent moins cher qu’un achat hebdomadaire plus petit, pour un résultat très proche.
Un DCA ne dit pas quand vendre
Le DCA règle l’entrée et laisse la sortie ouverte. Sans règle de vente, la position grossit jusqu’à dépasser la part prévue dans le portefeuille, et la question de vendre se pose au plus mauvais moment : après une forte hausse, ou en pleine baisse.
Deux règles complètent un DCA. Des paliers de prise de profit vendent une fraction de la position à des niveaux fixés à l’avance. Un plafond arrête les achats quand l’actif pèse déjà la part voulue dans le portefeuille.
Ce qu’il faut décider avant de commencer
Un DCA tient en trois paramètres : le montant, la fréquence et la durée. Le montant doit pouvoir être maintenu pendant une baisse de plusieurs mois sans toucher à l’épargne de précaution. La fréquence change peu le résultat sur plusieurs années : hebdomadaire ou mensuelle, l’écart reste faible face aux mouvements du marché.
Les décisions plus délicates sont les conditions d’arrêt et de modification. Arrêter si la thèse est invalidée est une règle. Arrêter parce que le portefeuille est à −40 % en est une autre, qui revient souvent à vendre au plus bas. Les deux méritent d’être écrites avant le premier achat, pas pendant la baisse.
Ces chiffres sont des résultats passés, sans frais ni impôts. Ils décrivent ce qu’une méthode a donné sur un actif précis, pas ce qu’elle donnera.
Dans Metena
Dans Metena, une stratégie DCA s’écrit avec son montant, sa fréquence et ses conditions d’arrêt. Le backtest rejoue ces règles sur l’historique et montre les périodes où le portefeuille est passé sous le capital versé.
Être prévenu du lancementTermes du lexique
- DCA (Dollar-Cost Averaging)
- Investir un montant fixe à intervalle régulier, par exemple chaque semaine, quel que soit le prix. Cela lisse le prix d’entrée et évite de chercher le « bon moment ».
- Perte maximale (drawdown)
- La plus forte baisse, en pourcentage, entre un sommet et le creux qui suit. Elle mesure ce qu’il faut être capable d’encaisser sans abandonner sa stratégie.
- Thèse
- Votre raison d’investir, écrite : pourquoi vous achetez, sur quel horizon, et ce qui doit se produire pour que vous ayez raison. Une thèse claire évite d’improviser quand le marché bouge.
- Condition d’invalidation
- Le fait précis qui prouverait que votre thèse est fausse et déclenche votre sortie, par exemple « je sors si BTC clôture deux semaines sous 20 000 $ ». L’écrire à l’avance évite de la rationaliser après coup.
- Backtest
- Rejouer une stratégie sur des données passées pour mesurer ce qu’elle aurait donné. Utile pour tester des règles, mais le passé ne prédit pas l’avenir.
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Mettez ces notions en pratique.
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Être prévenu du lancementContenu à visée éducative. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les crypto-actifs présentent un risque élevé pouvant aller jusqu’à la perte totale du capital.